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La Banque du Canada reste sur sa position : ce que la dĂ©cision du 28 janvier signifie pour les prĂȘts hypothĂ©caires et l’immobilier

  • Writer: Simon Bilodeau
    Simon Bilodeau
  • 5 days ago
  • 7 min read

La Banque du Canada a lancĂ© l’annĂ©e 2026 en faisant exactement ce que la plupart des prĂ©visionnistes attendaient : elle a maintenu son taux directeur Ă  2,25 %, laissant inchangĂ© Ă  4,45 % le taux prĂ©fĂ©rentiel utilisĂ© pour fixer les hypothĂšques Ă  taux variable. Les marchĂ©s tablaient Ă  89 % sur un statu quo et le gouverneur Tiff Macklem avait dĂ©jĂ  indiquĂ© que la politique se situait « au bon niveau ». Pour les emprunteurs, cela signifie que vos paiements hypothĂ©caires Ă  taux variable ou Ă  taux ajustable restent les mĂȘmes pour l’instant. Les prĂȘts Ă  taux fixe suivent une autre logique : ils sont liĂ©s aux rendements obligataires, qui peuvent fluctuer mĂȘme lorsque la banque centrale reste immobile.

La Banque du Canada maintient le taux directeur Ă  2.25%
La Banque du Canada maintient le taux directeur Ă  2.25%

Pourquoi la Banque est restée sur sa position


Le Canada traverse un moment Ă©conomique Ă©trange : l’inflation globale a lĂ©gĂšrement augmentĂ© en dĂ©cembre alors que la croissance ralentit et que le taux de chĂŽmage grimpe. L’indice des prix Ă  la consommation a augmentĂ© de 2,4 % sur un an, mais cette hausse reflĂšte surtout un effet de base dĂ» Ă  la suspension temporaire de la TPS/TVH Ă  la fin de 2024. Cet effet ponctuel devrait se dissiper dans les mois Ă  venir. L’inflation alimentaire reste Ă©levĂ©e : les prix des aliments en Ă©picerie sont en hausse de 5 % et les repas au restaurant de 8,5 %, mais les prix de l’essence reculent. Pour de nombreuses familles, l’inflation reste palpable mĂȘme si les loyers, les tĂ©lĂ©visions et les forfaits de tĂ©lĂ©phonie cellulaire coĂ»tent moins cher ; les dĂ©penses d’épicerie, assimilĂ©es Ă  un « paiement de voiture de luxe », pĂšsent lourd dans le budget.

Les loyers diminuent dans le Lower Mainland et certaines rĂ©gions de la Colombie‑Britannique parce qu’il y a moins d’étudiants Ă©trangers, de travailleurs temporaires et d’immigrants en gĂ©nĂ©ral. On construit encore des logements destinĂ©s Ă  la location grĂące au programme de construction de logements locatifs de la SociĂ©tĂ© canadienne d’hypothĂšques et de logement (SCHL), si bien que les loyers pourraient rester stables pendant un certain temps. Cette tendance pourrait toutefois se renverser rapidement si la politique d’immigration change ou si les nouvelles constructions cessent de devancer la croissance dĂ©mographique. Les ventes de condos neufs ont chutĂ© d’environ 60 % par rapport aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, ce qui se traduira par moins de nouveaux projets dans les prochaines annĂ©es. Les promoteurs doivent pré‑vendre entre 60 % et 80 % des unitĂ©s pour obtenir un financement. CombinĂ©e Ă  des loyers stagnants, cette exigence risque de retarder ou de stopper plusieurs projets locatifs. MĂȘme si nos besoins en logement sont structurellement importants, il se peut que nous n’en construisions pas suffisamment dans les annĂ©es Ă  venir.

Pendant ce temps, le marchĂ© du travail continue de crĂ©er des emplois mĂȘme si le chĂŽmage augmente. L’enquĂȘte de dĂ©cembre de Statistique Canada montre que l’économie a créé 8 200 emplois, principalement Ă  temps plein, mais le taux de chĂŽmage a grimpĂ© Ă  6,8 % parce que davantage de personnes sont entrĂ©es sur le marchĂ© du travail. Lorsque la population active croĂźt plus vite que la crĂ©ation d’emplois, le taux de chĂŽmage augmente. Les gains se concentrent dans les soins de santĂ©, l’assistance sociale, la construction et certains autres services, tandis que les secteurs professionnel et de la restauration perdent des postes. La croissance des salaires ralentit : le salaire horaire moyen a progressĂ© de 3,4 % en dĂ©cembre, contre 3,6 % en novembre. Ces signaux contradictoires — croissance en ralentissement mais crĂ©ation d’emplois toujours solide — laissent Ă  la Banque du Canada le temps d’observer comment les prĂ©cĂ©dentes baisses de taux se rĂ©percutent sur l’économie avant de prendre une dĂ©cision. Les changements de taux mettent de trois Ă  douze mois Ă  se reflĂ©ter dans les donnĂ©es ; nous ne voyons donc pas encore tous les effets des baisses rĂ©centes. Le refroidissement des salaires suggĂšre Ă©galement que les employeurs ressentent moins de pression Ă  augmenter les rĂ©munĂ©rations et que de nombreux chercheurs d’emploi acceptent un salaire infĂ©rieur pour dĂ©crocher un poste.

Les renouvellements hypothĂ©caires atteindront Ă©galement un sommet cette annĂ©e Ă  la suite des volumes records de 2021. De nombreux emprunteurs verront leurs paiements augmenter de 20 à 30 % en 2026. Cependant, ceux qui ont achetĂ© Ă  la fin de 2022 ou en 2023 avec des termes de trois ou quatre ans renouvelleront Ă  des taux plus bas et leurs paiements diminueront. Globalement, les paiements grimperont d’environ 10 % sur l’ensemble du marchĂ©. Cette hausse est absorbable Ă  l’échelle macroĂ©conomique, mais elle rĂ©duira les dĂ©penses des mĂ©nages, qui constituent une grande part de l’économie canadienne. La politique commerciale continuera d’influer sur la performance Ă©conomique.


Immobilier : les acheteurs ont le temps, les vendeurs doivent ĂȘtre patients


Si vous envisagez d’acheter une maison en 2026, le contexte actuel peut sembler incertain, mais les conditions penchent discrùtement en votre faveur.


Les ventes à leur plus bas en 20 ans en 2025, alors que les inscriptions atteignent un record


Le marchĂ© du Grand Vancouver montre Ă  quel point 2025 a Ă©tĂ© inhabituel. Seulement 23 800 maisons se sont vendues dans la rĂ©gion mĂ©tropolitaine l’an dernier — une baisse de 10,4 % par rapport à 2024 et le total annuel le plus bas depuis plus de deux dĂ©cennies. Pendant ce temps, 65 335 propriĂ©tĂ©s ont Ă©tĂ© inscrites sur le service inter‑agences, le nombre le plus Ă©levĂ© depuis le milieu des annĂ©es 1990. À la fin de l’annĂ©e, 12 550 inscriptions Ă©taient actives, soit 14,6 % de plus qu’en dĂ©cembre 2024 et environ 35 % au‑dessus de la moyenne saisonniĂšre sur dix ans. Les vendeurs Ă©taient prĂ©sents mĂȘme si les acheteurs ne l’étaient pas. Ce dĂ©sĂ©quilibre signifie que les acheteurs disposent d’un large choix et que les vendeurs doivent adopter une tarification stratĂ©gique.

À l’échelle nationale, une dynamique similaire s’est produite. Selon Scotiabank, les ventes rĂ©sidentielles nationales ont reculĂ© de 2,7 % entre novembre et dĂ©cembre 2025 et se situent 10,1 % en dessous de leur rĂ©cent sommet. Les nouvelles inscriptions ont Ă©galement diminuĂ©, mais plus lentement, ce qui a fait monter l’inventaire Ă  4,5 mois. L’indice des prix MLSÂź national a baissĂ© de 4 % sur un an. Dix‑huit des 31 grands marchĂ©s suivis Ă©taient Ă©quilibrĂ©s ou favorables aux acheteurs. En bref, le Canada a terminé 2025 dans un marchĂ© Ă©quilibré — ni les acheteurs ni les vendeurs n’ont l’avantage. Cet Ă©quilibre devrait se maintenir cette annĂ©e, les deux parties attendant des signaux plus clairs.


Ce que cela signifie pour les acheteurs d’aujourd’hui


  • Pas de prĂ©cipitation, mais des opportunitĂ©s : avec des ventes au plus bas depuis des dĂ©cennies et un inventaire Ă©levĂ©, les acheteurs peuvent prendre le temps de trouver la bonne propriĂ©tĂ© sans enchĂšres. Les taux hypothĂ©caires ont dĂ©jĂ  reculĂ© d’environ un point de pourcentage depuis le dĂ©but de 2025, amĂ©liorant l’accessibilitĂ©.

  • Vendeurs motivĂ©s : le volume record d’inscriptions suggĂšre que certains propriĂ©taires doivent ou veulent vendre. Si les ventes restent moroses, des baisses de prix ou des incitatifs pourraient apparaĂźtre, en particulier pour les propriĂ©tĂ©s qui demeurent longtemps sur le marchĂ©.

  • Restez rĂ©aliste : l’indice national des prix est encore environ 30 % au‑dessus des niveaux pré‑pandĂ©miques. Nous assistons Ă  une correction contrĂŽlĂ©e, pas Ă  un krach. PrĂ©voyez Ă  long terme plutĂŽt que d’espĂ©rer des prix planchers. Les prix ont peut‑ĂȘtre dĂ©jĂ  atteint leur creux dans certains segments et marchĂ©s ; attendre beaucoup plus longtemps pourrait ne pas ĂȘtre judicieux.


Perspectives : risques et opportunités


Le consensus de marchĂ© suggĂšre que la Banque du Canada maintiendra ses taux pendant la majeure partie de 2026. Toutefois, les marchĂ©s monĂ©taires commencent Ă  anticiper une lĂ©gĂšre hausse vers la fin de l’annĂ©e ou au dĂ©but de l’annĂ©e prochaine. Les nĂ©gociations commerciales avec les États‑Unis introduisent une nouvelle incertitude ; si les tarifs se durcissent, les dĂ©cideurs pourraient devoir agir de nouveau. Pour l’instant, la Banque souligne que l’inflation se rapproche de la cible et qu’elle est prĂȘte Ă  intervenir si les perspectives changent. Personnellement, je crois que la Banque du Canada pourrait devoir baisser son taux une ou deux fois cette annĂ©e — mais je ne serais pas surpris si elle ne le faisait pas. Il est peu probable que les taux augmentent avant 2027, Ă  moins que la politique commerciale avec les États‑Unis ne revienne Ă  des conditions similaires Ă  celles d’avant Trump. Les taux fixes pourraient bouger plus tĂŽt, Ă  moins que la Banque n’intervienne sur le marchĂ© obligataire.


Qu’est‑ce que cela signifie pour les hypothùques ?


  • HypothĂšques Ă  taux variable et Ă  taux ajustable : aucun changement immĂ©diat ; votre paiement demeure le mĂȘme.

  • HypothĂšques Ă  taux fixe : surveillez les rendements obligataires. Si les donnĂ©es Ă©conomiques s’affaiblissent et que les rendements baissent, les taux fixes pourraient se replier mĂȘme sans baisse du taux directeur. Inversement, si les marchĂ©s craignent une montĂ©e de l’inflation, les taux fixes peuvent augmenter mĂȘme lorsque la Banque est en pause. Mon pronostic (aussi fiable qu’une prĂ©vision mĂ©tĂ©o) est que les taux pourraient baisser au printemps, ce qui serait le moment opportun pour convertir un prĂȘt variable en prĂȘt fixe. Pour les acheteurs, les taux pourraient ne pas bouger suffisamment pour justifier l’attente ; il vaut souvent mieux acheter tĂŽt que de rejoindre la foule au printemps.

  • Renouvellements et pré‑approbations : si vous devez renouveler ou prĂ©voyez acheter ce printemps, envisagez de demander une pré‑approbation maintenant. Des taux compĂ©titifs sont disponibles et en bloquer un vous protĂšge si les taux augmentent plus tard, mĂȘme si cela reste peu probable.


Réflexions finales


Nous ne sommes pas encore sortis du bois. L’économie canadienne envoie des signaux mitigĂ©s : l’inflation reste lĂ©gĂšrement au‑dessus de la cible en raison d’effets fiscaux temporaires ; la crĂ©ation d’emplois se poursuit mais le chĂŽmage augmente ; les marchĂ©s immobiliers sont Ă©quilibrĂ©s avec des ventes faibles mais des stocks Ă©levĂ©s. Dans ce contexte, la dĂ©cision de maintenir le taux directeur est logique. Si vous songez Ă  acheter, les conditions vous sont favorables : vous avez du choix, vous ne courez pas contre la montre et les taux sont compĂ©titifs. C’est donc un excellent moment pour se lancer. Pour l’instant, profitez de la stabilitĂ©, mais restez Ă  l’écoute.


Si vous avez un renouvellement Ă  venir, un projet d’achat, ou si vous voulez simplement comprendre ce que tout cela signifie pour votre situation, vous pouvez rĂ©server une courte rencontre ici :



Simon Bilodeau and Gina Lopez

604-828-9864


 

Simon Bilodeau is a mortgage broker, financial writer, and co-founder of RefinanceBC. He specializes in translating economic trends into clear mortgage strategies for BC homeowners. Often featured on Radio-Canada and CBC, Simon is known for honest, data-driven advice delivered in plain language. He works alongside his wife Gina, forming a bilingual team serving clients across the province.

 
 
 

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